Introduction

 

Inutile de chercher dans les deux textes qui suivent de spécieuses raisons qui justifieraient des reproches à notre encontre pour avoir osé aborder ce sujet quasi iconique. Nous n’éprouvons aucun ressentiment à l’égard de ces populations très souvent meurtries, elles susciteraient plutôt chez nous une certaine compassion. En revanche, nous nourrissons quelques doutes à l’égard des vertueuses raisons invoquées par les programmes d’immigration et leurs courroies de transmission, depuis la « proposition injonctive de l’ONU en l’an 2000 », en passant par les institutions européennes puis chaque Etat de l’Union européenne, les associations, partis politiques, syndicats, internes à ces pays mais aussi, et nous pensons par exemple aux actions des ONG gravitant autour de OPEN SOCIETY (fondation du milliardaire Georges SOROS), et enfin les media. Nous voulons dire que les raisons invoquées selon lesquelles il conviendrait de renforcer une population en déclin démographique en même temps que frappée de vieillissement, nous semblent fallacieuses.

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Des idées venues d’ailleurs…

 

Nous versons donc au dossier un article fort intéressant qui va pouvoir illustrer certaines de nos analyses à suivre.

> LIBERATION: article écrit par Nathalie DUBOIS (6 janvier 2000) :

 

« L’immigration, un remède pour la vieille Europe »

(Selon l’ONU, il faudrait 160 millions d’immigrés pour rééquilibrer la démographie de l’UE).

« Au train où l’Europe vieillit, elle aurait besoin de près de 160 millions de travailleurs immigrés de plus d’ici à 2025 ! Et la France, qui accueille environ 100 000 immigrés par an actuellement, devrait multiplier ce « quota » par 7,6 dans le quart de siècle à venir. Voici quelques-uns des chiffres détonants que mentionne un rapport préliminaire de la Division de la population de l’ONU, divulgué cette semaine à New York.

Selon l’un de ses auteurs, le démographe français Joseph-Alfred Grinblat, «il est bien sûr tout à fait irréaliste d’imaginer qu’on pourra parer au vieillissement de la population par l’immigration. Notre objectif est de montrer qu’il est pourtant impossible que les choses continuent en l’état. Il va falloir changer les règles du jeu. Nous nous bornons à donner les paramètres de décisions qui incombent maintenant aux politiques». Les chiffres de l’ONU ne sont pas nouveaux, ils ont seulement le mérite d’illustrer, à horizon de vingt-cinq ans, l’énorme défi économique et social que pose l’évolution démographique des pays industrialisés. L’Union européenne est certainement la région du monde où se pose avec le plus d’acuité le problème du vieillissement et du maintien de généreux systèmes de retraite. A évolution constante, l’Union comptera 5 millions d’habitants de moins en 2025, 40 millions de moins en 2050, souligne Joseph-Alfred Grinblat.

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Le ratio entre actifs et inactifs, qui tourne actuellement entre 4 et 5 travailleurs pour un retraité, sera grosso modo divisé par deux dans les vingt-cinq ans à venir. Par simple projection mécanique, les experts démographes de l’ONU en concluent donc que l’Europe, pour simplement maintenir sa population active à son niveau absolu de 1995, aurait besoin de 24 millions d’immigrés d’ici à 2025. S’il s’agit de préserver l’équilibre actuel entre actifs et inactifs, les besoins de main-d’oeuvre étrangère montent carrément à 159 millions de personnes, dont 23 millions pour la France, 26 millions pour l’Italie et même 44 millions pour l’Allemagne. A raisonnement comparable, l’ONU obtient d’ailleurs des chiffres tout aussi saisissants pour le Japon (92 millions d’immigrés théoriquement requis) ou les Etats-Unis (150 millions). A l’heure où les pays européens campent sur une politique de l’immigration ultrarestrictive, Joseph-Alfred Grinblat admet volontiers que ces chiffres «ne sont pas réalistes. Il faudra chercher la solution autre part: soit dans le relèvement de l’âge de la retraite à 75 ans, soit dans le panachage entre davantage d’immigrés et une vie active plus longue». Mais l’allongement du nombre d’années de travail, reconnaît-il, posera un problème aigu dans des pays comme la France où sévit toujours un chômage élevé ».

 

Les chiffres des immigrations, légale et illégale

 

> Publication dans LE FIGARO du 19/06/2018 :

 

« Alors que le projet de loi sur l’asile et l’immigration est discuté depuis ce mardi au Sénat, Le Figaro propose dix graphiques pour mesurer l’étendue réelle du phénomène migratoire en France sur plusieurs décennies ».

Connaissez-vous le nombre d’immigrés en France ? Combien y a-t-il de naturalisations chaque année ? Autant de questions auxquelles il n’est pas évident de répondre, même en ordre de grandeur, malgré l’omniprésence du débat en France. Et ce d’autant que les autorités françaises établissent généralement leur communication en s’appuyant sur les chiffres publiés d’une année sur l’autre, ce qui ne permet pas de mesurer l’ampleur du phénomène à long terme.

Alors que le projet de loi asile et immigration est discuté au Sénat depuis ce mardi (juin 2018), l’anthropologue et démographe François Héran, professeur au Collège de France, appelle à étudier la question migratoire dans son ensemble sans n’observer que les «quelques grands événements qui attirent considérablement l’attention».  « Évidemment, nous pensons tous à la grande vague des exilés ou des réfugiés du Proche-Orient qui est apparue à partir de la fin de l’été 2015 et cette vague considérable, certains ont parlé de tsunami, nous fait un peu oublier le fait qu’il y a aussi l’océan, je dirais, avec sa palpitation ordinaire : il y a un ordinaire d’immigration », déclare-t-il dans sa leçon inaugurale.

 

  • Qu’est-ce qu’un immigré ? Combien y en a-t-il en France 

attrait-vers-france-asileDans le langage courant, un immigré est la personne qui vit dans un autre pays que celui où elle est née. Les autorités françaises s’en tiennent à une définition plus restrictive. Est immigré celui qui est « né étranger à l’étranger et qui réside en France», selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Ainsi, tout étranger vivant en France n’est pas immigré. Inversement, un immigré n’est pas forcément de nationalité étrangère.

 

Selon cette définition, l’INSEE estime qu’il y a en France près de 5,7 millions d’immigrés, soit 8,9% de la population. Il s’agit du chiffre de 2013, l’organisme statistique ne renouvelant certaines de ses données que rarement. Globalement, l’immigration a connu une progression très nette depuis le début du XXe siècle, même si celle-ci connaît des variations nettes. Après les deux guerres mondiales, celle-ci a fortement augmenté pour compenser le besoin de main-d’œuvre. Elle a diminué pendant les années 30 avec la crise économique. De même, en valeur relative et non absolue – compte tenu de l’augmentation de la population – l’immigration a stagné de 1975 à 2000. Là encore, la France connaissait un ralentissement économique après les Trente glorieuses. L’immigration a repris depuis le début du XXIe siècle. Elle représente aujourd’hui 8,9% de la population contre 7,3% en 2000 (et 2,8% en 1911).

 

  • Et l’immigration illégale ?

Par définition, ces données ne prennent pas en compte l’immigration illégale, difficilement mesurable. A ce propos, la démographe Michèle Tribalat, déclarait au Figaro : «Des approximations à partir de calculs de coin de table sur des catégories non exclusives (interpellations, placements en centre de rétention, aide médicale d’État, déboutés du droit d’asile…) ont été conduites. Une fourchette de 200.000 à 400.000 a circulé dans la presse depuis l’annonce faite par le gouvernement Jospin en 1998, reprise par le gouvernement de droite en 2005. Elle refait surface de temps à autre ». Mais, prévenait la chercheuse à l’INED : « Je ne sais pas comment ces chiffres sont établis. Je doute qu’ils le soient sérieusement. Mais il est plus que probable que, compte tenu des arrivées massives de clandestins ces dernières années et des reflux de déboutés du droit d’asile en provenance de pays qui en ont accueilli le plus, leur nombre ait fortement augmenté ».

 

  • Qu’en est-il des descendants d’immigrés ?

L’INSEE étudie également le cas des descendants de l’immigration, mais limite cette catégorie aux seuls enfants d’immigrés nés en France. Un enfant d’immigrés né hors de France n’en fait pas partie, il est logiquement lui-même immigré. De même, à l’intérieur de cette catégorie, l’INSEE ne comptabilise que la deuxième génération et non la troisième. Les petits-enfants d’immigrés n’apparaissent donc pas dans les statistiques nationales. Au total, les descendants directs d’immigrés représentaient ainsi 6,8 millions de personnes en 2013, soit 10,4% de la population totale.

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Si l’on observe à la fois les immigrés et les descendants directs d’immigrés, on en arrive pour l’année 2013 au chiffre de 12,5 millions de personnes, soit 19,3% de la population. Certains démographes appellent à une meilleure prise en compte des différentes générations de personnes d’origine étrangère dans la statistique publique, à l’image de Michèle Tribalat, qui estimait en 2011 que sur trois générations, près de 30% des personnes de moins de 60 ans étaient d’origine étrangère. « L’inclusion des petits-enfants d’immigrés redonne de la profondeur historique », justifie la démographe de l’INED.

 

  • De quelles zones géographiques viennent les immigrés ?

Un changement majeur dans le phénomène migratoire au XXe siècle concerne la provenance des immigrés. La part extra-européenne de l’immigration a progressé, notamment celle venant d’Afrique. En détail, ce fut d’abord le Maghreb après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1975, cette immigration maghrébine représente environ 25 à 30% de l’immigration totale. Elle a été suivie d’une immigration en provenance d’Afrique subsaharienne. Alors qu’elle ne représentait que 2% du total en 1975, celle-ci compte aujourd’hui pour 14%. Dans l’ensemble, l’Afrique, avec 43% de l’immigration en 2013, est passée devant l’Europe, dont la part est tombée entre 1975 à 2013 de 66% à 36%.

Si l’on observe maintenant l’origine géographique des descendants directs d’immigrés, la proportion d’Européens est encore majoritaire, mais plus de manière absolue. Elle est passée de 50,3% en 2008 à 46,7%. Celle d’Afrique a progressé dans le même intervalle de 38,2% à 40,1%.


  • Quelle est l’évolution de l’immigration ?

evolution-immigration-franceLa progression de l’immigration se retrouve dans le nombre de « premiers titres de séjour délivrés à des immigrés » (donc sans prendre en compte de possibles renouvellements) en fonction de différents critères, qu’ils soient, économique, familial, étudiant, humanitaire, etc. Ces dix dernières années, leur nombre est passé de 171.907 pour l’année 2007 à 262.000 pour l’année 2017, avec une progression plus forte à partir de 2012.

Le solde migratoire évolue pourtant peu depuis une trentaine d’années, oscillant entre 50.000 et 100.000 personnes, note le Centre d’observation de la société, qui définit celui-ci comme « le résultat de la différence entre les entrées et les sorties durable du territoire, qu’il s’agisse de Français ou d’étrangers ». Mais en réalité, « le mouvement de yoyo du solde migratoire masque la hausse des entrées et des sorties depuis le milieu des années 2000 », précise le COS. Cette stabilité est donc engendrée par la hausse simultanée de l’immigration et de l’émigration.

 

  • Quelle est la part d’immigrés qui possèdent la nationalité française ?

Une autre différence majeure si l’on observe le phénomène migratoire sur la longue durée concerne la part des immigrés ayant acquis la nationalité française. Ils n’étaient environ que 16% en 1911, contre près de 40% en 2013.

Ce mouvement dépend directement de l’ampleur des naturalisations, qui ont augmenté jusqu’à atteindre depuis une vingtaine d’années une certaine stabilité. Ce sont environ 100.000 immigrés qui obtiennent chaque année la nationalité française, la statistique publique distinguant les acquisitions par décret (notamment les naturalisations) et celles par mariage.

À l’intérieur de ces deux catégories, depuis 2000, « l’acquérant » vient en grande majorité d’Afrique (66% en 2011).

Dans son étude de 2011 portant sur la France de 2008, l’INSEE s’est également intéressé à la démographie, en particulier à l’indicateur conjoncturel de fécondité des femmes selon leur pays de naissance. Il montre que l’immigration dans son ensemble participe peu à la progression démographique puisque l’indicateur global pour les femmes immigrées (1,9) est légèrement inférieur à celui des femmes de l’ensemble de la population française (2) pour l’année 2008. Mais dans le détail, cet indicateur est en revanche très supérieur pour les femmes nées en Algérie (3,5), au Maroc ou en Tunisie (3,3), dans le reste de l’Afrique ou en Turquie (2,9). « Les populations originaires d’Afrique ont une marge de progression importante, ne serait-ce qu’en raison de l’inertie démographique, sans parler des flux migratoires à venir », écrit la démographe Michèle Tribalat.